lundi 28 juin 2021

L'usine de chaussures de Bouzillé

Peu visible de la rue d’Anjou, elle était située à l’est de la mairie, sur un emplacement occupé jusqu’à la Révolution, par un prieuré de moines bénédictins dépendant de Saint Florent le Vieil.

Un atelier de chaussures existait auparavant à Bouzillé, rue de l’Ermitage. Mme Dandé-Goguet, une maîtresse femme, veuve de guerre, y employait une quinzaine d’ouvrières.
La nouvelle usine était une filiale de la SACAIR, Société Anonyme des Chaussures de Saint Macaire. Lors de l’inauguration, au milieu des années 1950, la presse locale était présente ainsi que bon nombre de personnalités : M. Mary, président de la Sacair, le sous-préfet de Cholet, M. de Saint Pern, les conseillers municipaux, l’abbé Besnard, curé de la paroisse.

L’activité de l’atelier résidait essentiellement dans la piqûre : les pièces étaient ensuite envoyées à Saint Macaire pour le montage. Le matériel était, pour l’époque, ultra-moderne : les machines venaient d’Allemagne. 36 ouvrières, au début, avaient été embauchées ; leur nombre monta jusqu’à une cinquantaine, sous la direction de Mme Pierre-Duplessix (voir photo).

L’atelier a fermé fin 1976, début 1977. Cette fermeture n’est que la première d’une longue série qui va frapper les Mauges où « la godasse » a pratiquement disparu. Les ouvrières ont alors été employées dans d’autres usines de chaussures, à la Chapelle St Florent ou à St Florent le Vieil.

Inoccupé, le local a été aménagé par le club de judo pour les cours dispensés par Daniel Réthoré, puis utilisé par l’Association des Jardins pour ses activités d’embellissement du bourg. Devenu dangereux de par sa vétusté, il est définitivement clos.

mercredi 28 avril 2021

Bouzillé et Napoléon

 

On commémore, cette année, le bicentenaire de la mort de Napoléon. Mais quel a été l’impact de son règne sur notre vie locale à Bouzillé ?

D’abord, alors qu’il n’est encore que Premier Consul, de 1799 à 1802, c’est lui qui ordonne d’établir la liste des naissances, mariages et décès des actes perdus ou détruits pendant la guerre de Vendée . Ce document, accessible en mairie, est précieux pour les chercheurs en généalogie.

Ensuite, par la création des préfets et sous-préfets dans les départements, il contrôle toute l’administration locale. Quelques exemples : le maire, l’adjoint, les conseillers municipaux sont nommés par le préfet. Le conseil municipal doit demander au préfet l’autorisation de se réunir. Toute dépense, si petite soit-elle, doit recevoir l’aval de la préfecture. Ainsi, « la création du petit pont pour passer les gens à pied à la Farouère » passe par la préfecture.

Mais, ce sont les jeunes de Bouzillé qui ont payé le plus lourd tribut suite aux guerres napoléoniennes. En Italie, Jean Coiffard à Ancône, Pierre Moreau à Udine, Pierre Davy y ont perdu la vie. La guerre d’Espagne a été fatale à Pierre Guilbault à Pampelune ou à Jean Séché à Valladolid. Les campagnes d’Allemagne, d’Autriche ou de Russie n’ont laissé aucune chance à Louis Bonnin (voir acte de décès) et François Toublanc à Magdebourg, à Mathurin Chupin à Halberstadt, à Jean Bossard à Mayence, à Joseph Guéry à Vienne ou à Jean Toublanc, 19 ans, du régiment de la Garde à Anvers.

Inutile de dire que ces guerres ne suscitent pas l’enthousiasme à Bouzillé et nombreux sont ceux qui cherchent à échapper à l’envoi sous les drapeaux. Comme les pères de familles ne partent pas à l’armée, il faut se dépêcher bien vite de se marier. Et on assiste alors à des records de mariages à Bouzillé : 100 en 1809 (deux par semaine) et 73 en 1813 !!! alors que la moyenne annuelle habituelle tourne autour de 20.

Il ne faut donc pas s’étonner si le départ de Napoléon est salué par les Buzilliacéens. En 1814, le conseil municipal  adhère à la déchéance de Napoléon Bonaparte et au rappel de la dynastie de notre dernier roi. Nos coeurs sont acquis à Louis XVIII.

Par la suite, cet attachement à la royauté sera encore vivace. En 1821, le conseil municipal vote une somme de 70 francs pour célébrer le baptême du petit-fils du roi Charles X, le duc de Bordeaux. Il y ajoute 60 francs pour acheter le domaine de Chambord au profit du même duc.

Néanmoins, le souvenir de l’empereur va rester longtemps présent dans l’esprit de quelques habitants de Bouzillé. En 1841, vingt ans après sa mort, Julien et Marie Allard, laboureurs au bourg, vont appeler leur fils : Joseph, Napoléon.

vendredi 2 avril 2021

Margaret et Luc-Anatole, une triste histoire d’amour !

 

Luc-Anatole de Gibot, ( voir photo) né en 1824 à Angers, réside en fait très peu à la Mauvoisinière. Dans sa jeunesse, il préfère la vie parisienne où il dépense sans compter la fortune familiale au grand désespoir de son père le comte Luc-Jean.

C’est à Paris, en 1859, qu’il fait la connaissance d’une famille irlandaise, les Mac-Allister. Charles, le père, et Célina Canning, la mère, ont sept enfants, trois garçons et quatre filles. L’une d’elles, Margaret, âgée de 19 ans, est très belle et, bien sûr, notre Luc-Anatole en tombe amoureux. Mais la fille est de santé fragile, sans doute atteinte de la tuberculose.

Elle a besoin d’un climat chaud et sec. Aussi nos amoureux, en 1861, entreprennent un voyage en Egypte où ils sont accueillis par Ferdinand de Lesseps qui est en train de percer le canal de Suez. Ils en profitent pour visiter aussi la Palestine.
Enchantés de leur voyage, ils rentrent en France en 1863, mais la santé de Margaret se dégrade. Alors Luc-Anatole vend pour 450 000 francs de biens et achète trois villas en Italie, à Naples. Hélas, le couple rentre précipitamment en France car la belle se meurt. Elle rédige d’ailleurs son testament en janvier 1865 dans lequel elle insiste pour que ses deux plus jeunes frère et sœur, Alexandre et Suzan reçoivent chacun 1500 francs par an pour leur éducation. Luc-Anatole est désigné comme exécuteur-testamentaire.

Margaret meurt en mai 1867 à Paris, rue de l’Impératrice et elle est enterrée au cimetière de l’Est. Luc-Anatole demande à l’architecte Emile Leblanc de lui proposer un monument funéraire ( voir le croquis).

Margaret est la seule des quatre sœurs Mac-Allister à ne pas être inhumée dans la chapelle Sainte Sophie du square de Gibot.

Luc-Anatole se console bien vite puisqu’il épouse en novembre de la même année, 1867, une sœur de Margaret, Mary-Jane qui deviendra la dernière marquise de Gibot. Nous aurons l’occasion d’en parler dans un prochain article.


 

lundi 15 mars 2021

Renée, une passionnée d'histoire locale

Renée Esclafer nous a quittés. Elle faisait partie des premiers historiens locaux à l’origine du Groupe d’Histoire Locale et du Patrimoine qui se sont lancés dans la rédaction du premier livre Bouzillé à travers les âges.

Dès son enfance, dans la famille Gaudin, elle a été bercée par les métiers du bois. Son grand-père, son père Baptiste, ses oncles, ont été charrons, charpentiers, menuisiers. Très attachée à son quartier près de l’école Saint Luc, Renée en connaissait toutes les petites histoires, les anecdotes, qu’elle racontait avec saveur. Elle consignait par écrit tous ses souvenirs que nous reproduisions intégralement, tant son écriture était précise et recherchée.
Elle avait, en particulier, cité des événements qui s’étaient passés pendant la guerre 39-45 à Bouzillé. Dans le recueil  Paroles de Buzilliacéens, elle évoquait son oncle Paul volant le ceinturon d’un Allemand, sa tante Paulette l’accompagnant à Varades pour chercher du pain ou son oncle Alphonse déployant une banderole tricolore autour du clocher le jour de la Libération.

Renée n’assistait plus aux réunions de notre association depuis bien des années, mais nous la remercions encore pour son apport à l’histoire locale.

lundi 1 mars 2021

Croix et calvaires

 Ces édifices religieux font partie du patrimoine de Bouzillé : notre association en a recensé une vingtaine et elle a apposé une plaque explicative pour chacun d’eux.

Pourquoi nos anciens se sont-ils impliqués dans ces constructions ?

- Dans beaucoup de cas, c’est l’expression des croyances des familles, parfois pour formuler un vœux, comme le retour d’un prisonnier de guerre en Allemagne, parfois pour remercier de la guérison d’un malade.

- Une croix peut être aussi élevée pour commémorer un épisode tragique : on pense à la croix René Albert, jeune de Saint Laurent du Mottay, abattu par les Allemands en août 1944.

- Un calvaire a une signification politique, dans le cas de la croix de Gibot financée par le conseil municipal, en signe d’opposition au régime en place à l’époque.

- Enfin, les croix de mission marquaient la clôture de ces temps forts de la vie religieuse des paroisses. Elles sont spectaculaires et marquent le paysage.

Mais la plupart sont beaucoup plus modestes ; souvent croix de cimetière, souvent posées sur des socles maçonnés, en pierre de tuffeau, en grison, « la merde de diable » de la croix de la Trottelière ou sur un rouleau de pierre utilisé autrefois dans les fermes, comme la croix de la route des Arcis (photo).

Les matériaux diffèrent : du métal de la croix de Gibot, au bois du calvaire du Fossé Neuf ou au béton des croix de mission.

Si on remonte dans le temps, deux édifices méritent notre attention :

-  le calvaire du Fossé Neuf, près de la Cabane : daté de 1781, il a été relevé plusieurs fois.

- la très belle croix du Fresne, en granite, ajourée en son centre. C’est l’ancienne croix du cimetière. Posée en 1879 au carrefour de la Paragellerie et du Fresne, elle avait été déplacée en 1996 sur un terrain mis à disposition par Gilles Brevet. Suite à une opération immobilière, elle va être placée dans un lieu où elle ne risque pas de gêner le voisinage.

lundi 15 février 2021

Des Bretons à Bouzillé

 Issus d’une vieille famille noble du nord de la Bretagne, les Sioc’han de Kersabiec s’installent aux Grandes Rheinières au début des années 1820.

En 1826, le comte Charles de Kersabiec (1797-1854) fait partie des dix propriétaires les plus imposés de Bouzillé. Il est nommé maire de la commune en 1827 secondé par son adjoint, un nommé Courgeon. Il démissionne en octobre 1830. Farouche partisan du roi Charles X, il refuse de prêter serment au nouveau roi Louis-Philippe. Il est alors remplacé par le comte Luc-Jean de Gibot.

Très vite, la famille de Kersabiec se trouve mêlée aux derniers soubresauts de la chouannerie dans la région d’Ancenis. En effet, la duchesse du Berry, Marie-Caroline, veut placer son fils Henri sur le trône de France et considère Louis-Philippe comme un usurpateur. Elle essaie alors de soulever la région. Charles, son frère Dunstan et son cousin Amédée participent militairement à cette révolte, mais l’aventure se termine mal : les Kersabiec sont arrêtés entre la Boissière sur Evre et Saint Rémy en Mauges. Ils sont emprisonnés à Saint Florent le Vieil.

De gueules à l’annelet d’or                   Les Kersabiec quittent les grandes Rheinières et, en 1849, traversé par quatre fers de lance        on n’en trouve plus trace sur la commune de Bouzillé. réunis en sautoir.
Des gueules à l'annelet d'or traversées
par 4 fers de lance réunis en sautoir

Une autre Kersabiec, Stylite, a accompagné la duchesse du Berry jusqu’à son arrestation rocambolesque : cachées dans une maison à Nantes, derrière la plaque d’une cheminée, elles sont obligées de se rendre quand les gendarmes y mettent le feu.

 


lundi 11 janvier 2021

2020, entre pluie et chaleur


Les relevés, faits comme tous les ans dans le quartier des Clérambaults confirment la tendance observée plus généralement en France : il fait globalement plus chaud : voir la canicule du dernier été, mais il pleut davantage.
Le total annuel des pluies en 2020 est le plus élevé depuis l’année 1989, puisque c’est la première fois qu’il dépasse le mètre d’eau : 1015 mm. plus exactement.
Les trois premiers mois ont été beaucoup plus humides que ceux de 2019. Par contre, le mois de juillet a été particulièrement sec avec seulement 3 mm.
La moyenne annuelle pour les dix dernières années, 817 mm. est supérieure aux deux dernières décennies.
Voici un tableau des relevés sur l'année 2020, pour un total annuel de 1015 mm :

Année 2020

Précipitations

Janvier

112 mm.

Février

113 mm.

Mars

114 mm.

Avril

  60 mm.

Mai

  60 mm.

Juin

  95 mm.

Juillet

    3 mm.

Août

  63 mm.

Septembre

  65 mm.

Octobre

141 mm.

Novembre

  58 mm.

Décembre

131 mm.