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lundi 1 mars 2021

Croix et calvaires

 Ces édifices religieux font partie du patrimoine de Bouzillé : notre association en a recensé une vingtaine et elle a apposé une plaque explicative pour chacun d’eux.

Pourquoi nos anciens se sont-ils impliqués dans ces constructions ?

- Dans beaucoup de cas, c’est l’expression des croyances des familles, parfois pour formuler un vœux, comme le retour d’un prisonnier de guerre en Allemagne, parfois pour remercier de la guérison d’un malade.

- Une croix peut être aussi élevée pour commémorer un épisode tragique : on pense à la croix René Albert, jeune de Saint Laurent du Mottay, abattu par les Allemands en août 1944.

- Un calvaire a une signification politique, dans le cas de la croix de Gibot financée par le conseil municipal, en signe d’opposition au régime en place à l’époque.

- Enfin, les croix de mission marquaient la clôture de ces temps forts de la vie religieuse des paroisses. Elles sont spectaculaires et marquent le paysage.

Mais la plupart sont beaucoup plus modestes ; souvent croix de cimetière, souvent posées sur des socles maçonnés, en pierre de tuffeau, en grison, « la merde de diable » de la croix de la Trottelière ou sur un rouleau de pierre utilisé autrefois dans les fermes, comme la croix de la route des Arcis (photo).

Les matériaux diffèrent : du métal de la croix de Gibot, au bois du calvaire du Fossé Neuf ou au béton des croix de mission.

Si on remonte dans le temps, deux édifices méritent notre attention :

-  le calvaire du Fossé Neuf, près de la Cabane : daté de 1781, il a été relevé plusieurs fois.

- la très belle croix du Fresne, en granite, ajourée en son centre. C’est l’ancienne croix du cimetière. Posée en 1879 au carrefour de la Paragellerie et du Fresne, elle avait été déplacée en 1996 sur un terrain mis à disposition par Gilles Brevet. Suite à une opération immobilière, elle va être placée dans un lieu où elle ne risque pas de gêner le voisinage.

mardi 7 avril 2020

La Croix de Gibot




Dans notre série de cartes postales, voilà un paysage qui n’a pas beaucoup changé. Il manque les lignes électriques : cette photo a donc été prise avant la guerre de 1914.

Le calvaire a été édifié en 1851 et payé par les membres du conseil municipal de l’époque. Une inscription en latin sur le socle  In hoc signo vincemus qui signifie  Par ce signe (la croix) nous vaincrons ! 

Comment expliquer cette déclaration belliqueuse ? Il faut se replonger dans le contexte politique de l’époque.
En 1848, le roi Louis-Philippe a été chassé et la Deuxième République a été proclamée. La chute du roi n’a pas été appréciée par les conseillers royalistes, en particulier par le comte Luc-Jean de Gibot qui était jusque là le maire. Le rôle du comte a été d’autant plus grand dans cette construction que c’est son régisseur, Oger de l’Isle, qui occupe maintenant le poste de maire.

Sur le socle sont gravés les noms des conseillers qui ont participé financièrement à cette élévation. Deux exceptions : un conseiller a refusé de payer : Benjamin Poilâne, tonnelier dans le bourg. A l'inverse, Edouard Chupin, médecin à Montrevault, qui n’était pas conseiller, s’est associé aux membres du conseil.

Alors pourquoi ce nom la croix de Gibot ? Le calvaire s’étant abattu sans qu’on sache pourquoi, il a été relevé en 1877 par la marquise Mary-Jane de Gibot, née Mac Allister et veuve de Luc-Anatole de Gibot.
L’entourage a disparu quand a eu lieu, dans le terrain à l’arrière, la construction, en 1925, de l’école Saint-Luc devenue la bibliothèque municipale.