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lundi 15 juin 2020

Quand Bouzillé fait son cinéma (2)


Après Ces dames aux chapeaux verts  à la Mauvoisinière, c’est la Bourgonnière qui accueille un film Adolphe ou l’âge tendre, adaptation du roman Adolphe de Benjamin Constant, écrit au début du XIXème siècle.
Le metteur en scène, Bernard Toublanc-Michel, né à Ancenis, a choisi pour son film, plusieurs lieux de tournage : Ancenis, Le Cellier et le château de la Bourgonnière à Bouzillé.

La distribution est de grande qualité : aux côtés de l’actrice suédoise Ulla Jacobsson, on retrouve Philippe Noiret et Jean-Claude Dauphin (voir photo).
Ce tournage s’est déroulé au cours de l’hiver 1967, particulièrement froid. Marc Robin se souvient de la Rolls Royce, une Silver Cloud, du producteur, ayant bien des difficultés à monter la côte du Pressoir Neuf à cause de la neige ou du verglas et d’une actrice frigorifiée demandant au grand-père Guilbault de venir se réchauffer à la cheminée de la ferme de la Bourgonnière.
Sorti à l’été 1968, le film n’a pas eu le succès national escompté. Les événements de mai et juin 1968 ont éclipsé la sortie d’ Adolphe ou l’âge tendre.
Néanmoins, le cinéma Eden d’Ancenis a programmé une vingtaine de séances pour satisfaire la curiosité des spectateurs de la région.

jeudi 7 mai 2020

Quand Bouzillé fait son cinéma (1)


Les châteaux de Bouzillé, la Mauvoisinière et la Bourgonnière, ont servi de cadre au tournage de deux films. Ces dames aux chapeaux verts est l'un d'entre eux.
Ce film est tiré du roman de Germaine Acremant, écrit en 1922, qui raconte l’histoire d’Arlette, une orpheline qui est recueillie en province par quatre vieilles filles.

En 1936, le réalisateur Maurice Cloche installe son équipe de tournage, les actrices et les acteurs, à la Mauvoisinière. En effet, les propriétaires du domaine, Charles Pousset et sa femme ont des actions dans la société de cinéma, Pathé. Les stars de l’époque, Marguerite Moreno et Pierre Larquey, tournent les extérieurs du film à la Mauvoisinière.

Une projection est organisée à Ancenis dans la salle de cinéma de la rue Tartifume. Les cars Lefort organisent le déplacement pour les habitants de Bouzillé.

Depuis des années, notre association, le Groupe d’Histoire Locale et du Patrimoine, se bat pour obtenir une copie de ce film afin de le présenter aux Buzilliacéens. Jusqu’à ce jour, nos efforts ont été vains mais nous persévérons.

lundi 22 avril 2019

La Mauvoisinière, épisode 3 - Les Mac Allister

Mary-Jane Mac Allister
Au milieu du XIXème siècle, Luc-Anatole de Gibot fait la connaissance de la famille Mac Allister, d’origine irlandaise. Charles, le père, et son épouse Célina Canning, ont sept enfants.
Parmi eux, une fille Margaret : Luc-Anatole en tombe fou amoureux. Mais la belle est de santé fragile : elle a besoin du soleil du sud. Aussi le marquis l’emmène en Orient, en Egypte et en Palestine. Il achète trois villas à Naples dans le sud de l’Italie. Mais Margaret meurt en 1863 (elle n’est pas inhumée dans la chapelle Sainte Sophie).
Luc-Anatole épouse alors en 1867 à Paris, sa sœur, Mary-Jane (voir photo). Toute la famille Mac Allister s’installe à la Mauvoisinière. Ils y mourront les uns après les autres : Alexandre, William, Honor et Suzan. La marquise décède en 1921 sans enfant : la branche de Gibot de la Mauvoisinière s’éteint.
Le domaine est ensuite divisé entre le banquier Bougère et son avocat-conseil Fresneau.

lundi 18 mars 2019

La Mauvoisinière, épisode 2 - Les Gibot

Luc-Anatole de Gibot, un homme qui dépense
sans compter

C’est en 1764 que René-Louis de Gibot achète les 650 hectares du domaine de la Mauvoisinière à Anne-Marie Subleau. Son cousin Luc-René de Gibot en prend possession avant la Révolution. Mais il ne voit pas d’un bon œil les bouleversements qui s’annoncent ; aussi dès 1791, il décide, avec sa famille, d’émigrer en Allemagne. Ayant peur de voir ses biens confisqués, il cède la Mauvoisinière à son régisseur, Pierre Béranger qui lui rendra ses biens en 1814.

Son fils, Luc-Jean de Gibot a été maire de Bouzillé. On lui doit la construction de l’école publique. C’est lui qui fera édifier, en 1846, dans le square de Gibot, la chapelle Sainte Sophie qui abrite les corps de la famille. Il amasse une fortune considérable qui est partagée, à sa mort, entre ses deux enfants, Sophie-Nathalie et Luc-Anatole. Ce dernier prend le titre de marquis et dissipe joyeusement l’héritage paternel. Il décède en 1873 laissant sa veuve Mary-Jane Mac Allister. Ce sera l’objet d’un prochain article du blog.

La Mauvoisinière, épisode 1





Après la Bourgonnière, dont nous avons parlé dans un article précédent du blog, voici l’autre château de Bouzillé, la Mauvoisinière, l’un des rares de la contrée à avoir échappé aux destructions des guerres de Vendée.
Au Moyen Age, c’était un simple manoir fortifié. L’une des châtelaines en fut Catherine, sœur du poète de Liré, Joachim du Bellay.
C’est au XVIIème siècle, que la demeure actuelle a été construite, sur un plan attribué au grand architecte Mansart. Longtemps, la légende a prétendu que les jardins à la Française auraient été dessinés par Le Nôtre, le génial ordonnateur du parc de Versailles. Il n’en est rien : c’est plus tard dans les années 1830 que le comte Luc-Jean de Gibot a créé le parc de 41 hectares.
Les statues qui ornaient le domaine venaient du château de Richelieu. Elles ont été vendues au marquis Luc-Anatole de Gibot par M. Chapeau. Ces statues ont été dispersées lors de la vente de la Mauvoisinière dans la deuxième partie du XXème siècle.